Syndicat FO des Instituteurs et Professeurs du Bas-Rhin
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CTM : la déclaration de FO
Publié; le 16 octobre 2015 | snudi FO 67

Force est de constater que ce premier CTM de l’année scolaire est placé sous le signe du passage en force.

Il y a une semaine, le gouvernement, par la voix du Premier ministre annonçait que le protocole PPCR, rejeté par les organisations syndicales majoritaires serait malgré tout appliqué. Le voile est ainsi levé par le gouvernement sur la conception du dialogue social dont il se targue, faisant fi des règles qu’il a lui-même mis en place.

Force Ouvrière a participé à toutes les discussions, en portant ses revendications, et a décidé, comme la CGT et Solidaires de ne pas le signer.

Aucune revalorisation du point d’indice, sans laquelle il ne peut y avoir de réelle revalorisation salariale, n’est prévue.... Le blocage risque fort d’être prolongé sine die !

Les services du ministère de l’éducation nationale viennent de reconnaître (fort tardivement) ce que nous savons tous : les salaires nets des enseignants ont baissé de plus de 1% en 2013... Pour tous les fonctionnaires c’est 8% qui ont été perdus depuis 2010.

Concernant les grilles, le protocole sera mis en œuvre sous la prochaine mandature, jusqu’en 2020, ce qui n’apporte aucune garantie. Les mesures prévues sont loin de compenser la perte du pouvoir d’achat. De plus, avec le projet de suppression des réductions d’ancienneté, pour un système inconnu, avec l’allongement prévu des carrières et la poursuite de la montée en charge de la retenue pour pension civile, cette revalorisation sera largement autofinancée par les agents.

Enfin ce projet est dangereux pour nos garanties statutaires, avec notamment le développement de l’interministérialité, les fusions de corps, et les incertitudes sur l’avenir des CAP.

Ajoutons encore que cet accord s’inscrit dans un contexte, celui du pacte de responsabilité dont les fonctionnaires font les frais avec la réduction drastique des dépenses publiques et la réforme territoriale. Les déclarations de M. Macron sur le statut de la fonction publique, et celles du Premier ministre évoquant une sorte de rapport Combrexelle pour la Fonction publique ne font que souligner les enjeux.

Dans l’enseignement tout le monde sait qu’une grande majorité des personnels est opposé à la réforme du collège. Alors qu’à l’évidence une pose serait nécessaire un nouveau chantier est ouvert dans l’enseignement professionnel. Nous posons la question : est-ce une valorisation ou une poursuite de la démolition ?

Force Ouvrière n’a cessé d’alerter le gouvernement sur le fait que la diminution des horaires d’enseignement disciplinaire, l’autonomie renforcée, la disparition planifiée des langues anciennes, la suppression des classes bilangues et européennes et les conséquences sur les statuts et les conditions de travail seraient autant de points de conflit.

Nos collègues n’en attendent aucune amélioration d’autant qu’ils ont pu constater qu’en dépit des annonces sur les créations de postes, leurs conditions de travail n’ont cessé de se dégrader, ce qui s’est encore vu en cette rentrée.

Le gouvernement avait un choix à faire : rouvrir les discussions ou tenter le passage en force. Il a choisi la deuxième solution en publiant les textes le lendemain d’une grève majoritaire.

Les enseignants se sentent méprisés. Les conditions de mise en place d’une formation contrainte pour 200 000 enseignants annoncent une grande brutalité. On entend, de la part de hauts fonctionnaires de ce ministère parler d’électrochoc dans des réunions officielles. Tout indique que ce que prévoit le ministère est un véritable formatage.

Nos collègues personnels de direction eux-mêmes dressent un bilan inquiétant du moral des personnels de direction : on est passé du malaise à la souffrance.

Les syndicats Force Ouvrière de l’enseignement secondaire sont pleinement partie prenante de la large intersyndicale qui appelle à manifester ce 10 octobre à Paris pour l’abrogation de la réforme du collège et la réouverture des discussions sur de nouvelles bases. Ils appuient la demande commune adressée à nouveau à la ministre de recevoir lors de la manifestation des organisations qui représentent 80% des personnels.

La FNECFP FO appelle les personnels de toutes catégories à participer à cette manifestation. La confédération Force Ouvrière encourage ses adhérents, par ailleurs parents d’élèves, à s’y joindre, estimant que la réforme s’attaque de fait à l’égalité de droits, aux horaires de cours par discipline, organise la disparition du latin et du grec, des classes bi-langues et européennes.

Cette réforme ne rencontre et ne rencontrera aucun soutien de la part de la majorité de nos collègues, ni des parents d’élèves : il serait temps que le gouvernement en tire les conséquences de bon sens.

cale




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