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Rythmes scolaires : en 2018, 100% des écoles à 4 jours !
Publié; le 8 septembre 2017 | snudi FO 67

Cette rentrée scolaire est marquée par le retour, en quelques jours, de 36,8 % des communes à la semaine de 4 jours sur 36 semaines.

Pour le SNUDI-FO, cela ne fait que confirmer le rejet profond de la réforme Peillon-Hamon des rythmes scolaires par les enseignants, mais aussi par les parents et les élus locaux.

Si le décret Blanquer, paru le 28 juin, a ouvert la possibilité, pour les communes qui le souhaitaient, de revenir à une semaine de 24 heures d’enseignement réparties sur 4 jours de 6 heures, pour autant le ministre s’est refusé à rétablir une organisation de la semaine scolaire commune à toutes les écoles du territoire national. Il s’est totalement inscrit dans la poursuite de la territorialisation de l’école, dans la continuité des décrets Peillon et Hamon et de la loi de refondation, dont le SNUDI-FO avec sa fédération et la confédération FO demande plus que jamais l’abrogation.

Le décret Blanquer confirme les municipalités comme « maîtres d’oeuvre » de la définition de l’organisation de la semaine scolaire. Il ouvre la voie à des calendriers locaux, par école, dépendants de chaque PEdT et des contingences territoriales.

Le ministre Blanquer précise d’ailleurs dans son communiqué du 18 juillet qu’il s’agit de donner « davantage de souplesse aux acteurs de terrain afin de répondre le mieux possible aux singularités de chaque contexte local […] » ou encore que « les rythmes scolaires doivent pouvoir être aménagés à la réalité de chaque territoire, permettant de maintenir la semaine de quatre jours et demi là où cette organisation est satisfaisante […]. »

Dans cette logique de déréglementation, similaire au principe d’inversion de la hiérarchie des normes mis en oeuvre par les ordonnances Macron pour détruire le Code du travail, chaque commune se permettrait d’établir des horaires hebdomadaires locaux particuliers en modifiant le calendrier scolaire national à sa guise et en revenant en particulier sur les 36 semaines d’enseignement.

Le ministre évoque lui-même la possibilité d’aller jusqu’à 40 semaines en réduisant les congés scolaires. Dans ce cadre, des élus annoncent qu’ils souhaitent organiser une concertation locale (voire un référendum) pour suivre « l’exigence majoritaire ». Ils s’inscrivent ainsi totalement dans cette logique de territorialisation de l’école : chaque commune définissant l’organisation locale de la semaine scolaire en fonction d’une « majorité locale… », conduisant à l’explosion de l’Éducation nationale en autant de rythmes différents que de communes et de majorités locales.

Rappelons que la publication le 10 mai du décret sur l’évaluation PPCR instaurant une évaluation basée notamment sur la capacité des enseignants à « contribuer à l’action de la communauté éducative et coopérer avec les parents d’élèves et les partenaires de l’école » s’inscrit totalement dans ce processus de territorialisation de l’école.

L’étape suivante étant le recrutement local des enseignants par les chefs d’établissement, les IEN, voire les élus par l’intermédiaire d’un conseil d’administration d’EPEP ou d’EPSC.

Pour le rétablissement d’une norme unique de 4 jours sur 36 semaines

À l’opposé, des milliers de collègues s’appuyant sur la campagne du SNUDI-FO, ont pris position par des motions d’école. Ils exigent une organisation de la semaine scolaire unique nationalement : une norme nationale de 4 jours pour tous, sur 36 semaines ! Il s’agit de garantir le respect de notre statut d’enseignants fonctionnaires d’État et des droits qui y sont liés. Ils ne peuvent fluctuer en fonction des majorités locales.

C’est une véritable lame de fond qui en quelques jours a abouti à ce que près d’un tiers des écoles de France passe à 4 jours sur 36 semaines à la rentrée 2017.■

cale




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