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L’école des pays nordiques : un modèle à suivre, vraiment ? Voilà pourquoi le SNUDI-FO lutte de toutes ses forces contre la privatisation de l’école !
Publié; le 1er octobre 2018 | snudi FO 67

Privatisation de l’école, le fiasco suédois

(source Médiapart)

En Suède, la liberté la plus grande laissée aux chefs d’établissement a mené à un échec retentissant. L’objectif poursuivi par l’actuel gouvernement n’est donc pas l’efficacité. Mais simplement d’appliquer à l’éducation en premier lieu un nouveau mode de management des fonctionnaires. Une gestion dont l’objectif vise à en finir avec les fonctionnaires et leur statut.

Rappel du modèle suédois : Quand l’école se transforme en entreprise par Nadine Ayoub

"Au début des années 1990, la Suède a réformé son système scolaire en mettant en place des Friskol, des écoles privées entièrement gratuites. Comment ça marche ?

L’État finance la scolarité de chaque élève au moyen de chèques éducation qui sont remis directement aux écoles. Toutes les familles suédoises – aisées ou défavorisées – peuvent bénéficier de ce système. Les Friskol sont gérés par des entreprises, des associations ou des fondations. Quant aux enseignants, ils sont embauchés directement par l’école.

La Suède est le premier pays européen à avoir expérimenté ce modèle. L’objectif des Friskol est d’offrir aux parents l’accès à un large choix d’écoles. Quel que soit le type d’établissement – pédagogie alternative ou enseignement confessionnel – les familles peuvent en profiter. Par conséquent, les écoles publiques sont en concurrence directe avec les Friskol.

Afin de ne pas perdre d’élèves et donc de subventions, les écoles publiques sont obligées de redoubler d’exigence quant au niveau de l’enseignement qu’elles dispensent. Aujourd’hui, un quart des établissements scolaires du secondaire sont privés, dont la moitié appartient à des entreprises."

"Si le système éducatif suédois a connu pendant longtemps un grand succès, comptant parmi les meilleurs d’Europe, le pays connaît aujourd’hui sa plus forte chute dans le classement Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves). Depuis une dizaine d’années, sa performance ne cesse de se dégrader, notamment en mathématiques : la Suède a perdu 13 points et se retrouve aujourd’hui en-dessous de la moyenne des pays membres de l’OCDE.

En cause, les écoles privées. Des études ont montré que par mesures d’économie les Friskol embauchent non seulement moins de salariés mais aussi des enseignants moins qualifiés. Plusieurs établissements ont fait faillite ces dernières années dont la société John Bauer, propriété du groupe d’investissement danois Axcel, qui a laissé une dette de plus de 100 millions d’euros.

Du jour au lendemain, 11 000 élèves se sont vus privés d’école et 1 000 enseignants se sont retrouvés au chômage. D’après l’entreprise, les difficultés financières sont liées à une baisse du nombre délèves dans le secondaire. Aujourd’hui, un collège suédois sur quatre est déficitaire. Malgré ce bilan inquiétant, le gouvernement suédois ne compte pas en finir pour le moment avec le système des Friskol.

Selon des sondages récents, les Suédois sont toujours majoritairement favorables à ce modèle scolaire, mais ils se montrent de plus en plus réticents vis-à-vis des entreprises qui s’enrichissent sur le dos de leurs enfants."

Le Monde Diplomatique septembre 2018 : Privatisation de l’école, le fiasco suédois par Violette Goarant

« La relation devient celle d’un client et d’un prestataire » (extrait) "La concurrence du privé influence fortement le système public, d’autant qu’elle s’ajoute à une réforme pédagogique commune d’individualisation des apprentissages qui laisse plus de liberté aux élèves — et défavorise ceux des familles les plus modestes.

« La relation entre l’élève et le professeur devient celle d’un client et d’un prestataire », constate M. Henrik Wall, professeur d’histoire et société au collège public de Skarpnäck, dans la banlieue sud de Stockholm. Ses trois collègues et lui, réunis en « équipe de travail », gèrent les quelque soixante-dix élèves de sixième.

Chaque semaine se tient un « conseil d’élèves » afin de recueillir les suggestions des intéressés. Assis à la table de réunion dans la salle des professeurs, M. Wall écoute Mme Ida Sjödin, qui enseigne les mathématiques, énumérer leurs dernières revendications : « Ils veulent pouvoir aller aux toilettes, porter leurs casquettes, mâcher du chewing-gum en classe et utiliser leurs portables. » Mme Sophia Berglin, professeure de biologie, intervient : « Moi, la casquette ne me dérange pas. » Une discussion s’ensuit. « On accepte la casquette et on garde l’interdiction du portable ? », propose Mme Sjödin.

M. Wall dit envier la France, ce « pays civilisé où, paraît-il, les profs n’ont qu’à préparer et donner leurs cours et à noter les devoirs ». Ici, en plus de surveiller la récréation et la cantine, l’équipe enseignante organise une foule d’activités : examens, journées d’intégration, sorties sportives, emplois du temps et informations générales grâce au blog de l’équipe de travail.

Elle se retrouve chaque semaine pour une rencontre, baptisée « apprentissage collégial », autour de sujets pédagogiques. L’ensemble des professeurs du collège sont tenus de produire des « documents de réflexion » et de mener des enquêtes sur l’environnement de travail pour la direction.

Calquant leurs méthodes sur celles des friskolor, les professeurs du public se doivent de fournir un accompagnement individualisé, tout en veillant à la dynamique de groupe. Et ils doivent accomplir cet exercice d’équilibrisme sans élever la voix, sous peine de paraître autoritaires et d’être signalés comme tels. Dans la classe de mathématiques de Mme Sjödin, la porte reste grande ouverte, et les élèves ont le droit d’écouter de la musique tout en faisant leurs exercices. « Cela m’aide à me concentrer », explique Kevin au milieu du va-et-vient de ses camarades partis à la recherche d’un crayon ou d’une gomme, à leur disposition dans les classes.

Certains préfèrent travailler à deux ; ils s’entraident et parlent à haute voix. Pour ceux qui ont besoin de silence, comme Märta, des casques antibruit sont disponibles."

Notre école deviendra-t-elle une entreprise avec la mise en place d’un marché éducatif ? Devons nous faire du profit sur l’éducation des enfants ?

cale




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